Surplombant la Seine, la demeure jouit d’une vue imprenable sur le fleuve et le paysage environnant. Mais elle est située à flanc de coteau, un élément qui n’est pas sans incidence sur son agencement d’origine. « Cette absence de terrain explique la présence d’ouvrages comme les bow-windows et la galerie intérieure qui permettent de profiter du paysage depuis la maison, indique Stéphane Satorra, architecte et cofondateur de Studio Klein. Celle-ci a été bâtie au début du XXe siècle pour des commerçants du quartier de Saint-Lazare qui venaient y passer le week-end. Si elle évoque l’architecture normande de la Belle Époque, certains éléments comme les charpentes ne sont pas en bois mais en béton. Nous sommes intervenus pour permettre à un couple avec ses deux enfants de s’y installer, en réaménageant pour cela le rez-de-chaussée et en procédant à une restructuration totale du premier étage. » En cinq à six mois, la maison de près de 250 mètres carrés a été transformée, sans toutefois faire disparaître ses atouts architecturaux d’origine. Par exemple, les carreaux de ciment au sol de l’entrée et de la cuisine ont été conservés, de même que l’escalier principal avec sa sous-face en bardeaux d’écailles et ses ferronneries, et les diverses cheminées.
Au rez-de-chaussée, un grand bureau et un dressing ont fait place respectivement à un salon télé et à la cuisine. Celle-ci est devenue l’épicentre du foyer. Rognant sur la salle à manger attenante, elle est désormais séparée de cette dernière par une verrière ouvragée dotée de deux portes coulissantes de part et d’autre pour ne pas empiéter sur l’espace. Un grand îlot central vient s’y appuyer. La salle à manger bénéficie pour sa part d’une ouverture créée pour accéder au salon. L’ancienne cuisine est devenue un bureau contemporain. La galerie qui jouxte la cuisine, peinte en vert, a été gardée. Elle permet de se poser le temps d’un café ou d’un verre le soir pour profiter du coucher de soleil, mais elle fait aussi fonction de tampon thermique.
À l’étage, place au renouveau ! « Il n’y avait pas grand-chose à garder dans cet aménagement qui datait des années 1980, note Stéphane Satorra. Nous sommes donc repartis d’un plateau libre pour y installer une suite parentale sur presque la moitié de l’étage, avec dressing et salle de bains, offrant de multiples vues. Le reste est occupé par une salle de jeux, qui fait également office de chambre d’amis, et la chambre des enfants. Une grande porte sur pivot sépare ces deux pièces. Ouverte, elle crée un grand plateau. Comme les enfants sont de jeunes jumeaux, nous avons créé pour eux deux un seul coin nuit placé sur un podium, ce qui dissimule de nombreuses zones de rangement et crée un espace rassurant. » Ils disposent de leur propre salle de bains. Un escalier hélicoïdal a été conservé, qui permet d’accéder aux combles aménagés. Un sous-sol complète l’ensemble, ouvrant une zone de vie supplémentaire. Lorsqu’ils seront grands, les enfants auront ainsi, s’ils le souhaitent, tout loisir de s’y installer…

