© Porte Mingao de Swao.
Cetih, c’est l’histoire d’une petite menuiserie qui fabrique des portes, devenue aujourd’hui un groupe comprenant plus de 1 300 salariés et six usines. Quel est le moteur de cette croissance ?
Depuis la création, en 1975, nous avons grandi par acquisitions et aussi par croissance organique, en développant le marché de la porte d’entrée de maison, où nous sommes leader, et celui de la fenêtre. Nous travaillons sur l’ensemble des matériaux en menuiserie : le bois, l’aluminium, l’acier, le PVC et le mixte.
Vous êtes une entreprise à mission depuis 2021. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Le groupe a entrepris une démarche RSE il y a plus de quinze ans, avec plusieurs étapes qui ont permis à cette approche sociétale et environnementale responsable d’infuser dans le groupe. Nous sommes devenus entreprise à mission et nous avons fait évoluer la structure du capital pour assurer notre indépendance, mieux partager la valeur et s'entourer de partenaires qui nous accompagne dans notre trajectoire d'entreprise à mission. Ainsi, un tiers de nos actions a été réservé à nos salariés. Yann Rolland, ancien Président du groupe a sécurisé un tiers du capital en se dépossédant pour créer une fondation actionnariale à but philanthropique, les dividendes sont ainsi reversés à des associations de bien commun. Le dernier tiers a été confié à trois fonds d’investissement que nous avons choisis. Nous sommes une entreprise indépendante qui veut le rester, qui appartient donc pour un tiers à ses salariés. La démarche d’entreprise à mission implique des contraintes d’objectifs et de trajectoires : aujourd’hui, la RSE est vraiment l’épine dorsale de notre stratégie. Cet engagement pèse sur toutes nos décisions.
C’est d’autant plus important que vous êtes un groupe industriel.
C’est vrai. Si le bois a une empreinte environnementale acceptable, en revanche, l’aluminium et le PVC demandent un bon sourcing. Et nous veillons à la démontabilité et à la réparabilité des produits, et à la capacité de recycler nos matériaux. Nos bureaux d’études sont formés à l’écoconception, ainsi que nos acheteurs, avec une charte d’achats responsables.
Cetih se concentre sur trois marques : Bel’M, Zilten et Swao. Comment se complètent-elles ?
Bel’M est la marque historique, ses produits s’intègrent aisément, avec leurs lignes douces, en ton sur ton… Le modèle Athéna est ainsi une référence depuis quinze ans : on a réinstauré sur une porte en aluminium les codes d’une porte en bois, avec la coupe nette et les plinthes, qui donnent un côté cossu au produit tout en sécurisant sa durée de vie. Ce caractère intemporel est caractéristique des produits Bel’M. La ligne Zilten est moins neutre : la nouvelle porte, Elyo, reprend les codes de Mondrian, la gamme Nativ décline le bois brûlé… Nous répondons à des demandes de modèles classiques sur les deux marques avec des intentions esthétiques différentes. Sur Nativ, l’utilisation de bois brulé, en Accoya, aux propriétés de stabilité et de durabilité éprouvées, permet de proposer un décor atypique et unique sur chaque porte. Zilten a des lignes plus audacieuses que Bel’M. On a fait beaucoup d’efforts en termes de performances de finition sur le PVC : on reproduit des teintes bois, des effets de matières… Choisir une porte d’entrée est hyper engageant, c’est la personnalité de l’habitant. Et les modèles varient selon les régions pour des raisons de météo, de typologies de construction. Par exemple, un modèle en red cedar sera plus demandé dans le sud de la France. De même, on a développé des portes cintrées, en bois, mixte et PVC, qui s’adaptent à des structures architecturales de types longères, présentes en Bretagne…
L’élargissement de votre offre passe-t-il essentiellement par la marque Swao ?
Swao propose une offre globale de fenêtres, de coulissants, de portes d’entrée… Ce qui assure à nos clients professionnels de s’approvisionner chez un même fournisseur. Avec des propositions en bois, en PVC ou en aluminium, l’objectif est de rester accessible avec plusieurs échelles de prix et de répondre à des besoins plus basiques, à des rénovations. On fait du sur-mesure pour les fenêtres, notamment sur le bois des menuiseries à l’ancienne, comme le principe esthétique de « mouton gueule de loup », avec une fermeture en crémone.
Le marché de la rénovation implique-t- il de développer le sur-mesure ?
On répond aux besoins de rénovations avec des matériaux identiques mais des designs différents. Il y a déjà les contraintes des Bâtiments de France, telles que la couleur. Souvent les particuliers veulent un intérieur plus contemporain dans la fluidité des espaces, mais garder l’identité extérieure. Notre cellule destinée à l’accompagnement de ces projets trouve les solutions de sur-mesure, de composition. On arrive à construire autour de grilles de caractère, quelque fois centenaire, nettoyées, réparées et relaquées, une nouvelle porte !On a aussi des offres plus classiques, qu’on adapte : pour la gamme Montmartre (Bel’M), on fait prendre au bois le cintre voulu, en fonction de la maçonnerie présente chez le particulier.
En-dehors de la RSE, quels sont vos terrains d’innovation ?
Tout simplement suivre l’évolution des usages ! La fenêtre pose les questions du volet roulant, de la domotique, de la ventilation… Ce sont des secteurs complexes. La domotique a encore des protocoles nébuleux, pour la communication entre les différentes plateformes, les typologies d’outils : commander depuis un téléphone, à une commande centrale, à l’unité… C’est connexe à notre métier, mais indispensable. La demande n’est pas énorme, mais elle progresse de 20 % par an. Nous avons besoin d’accompagner nos clients dans l’appropriation des usages, sans être dans le gadget, en gardant l’esthétique, le confort, l’accessibilité des produits pour le bien-être des gens, en veillant à leur impact environnemental.

