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Ce sont trois expositions pensées distinctement, mais qui, dans les faits, résonnent entre elles dans une parenthèse temporelle ouverte dans le Marais. Au rezde- chaussée, dans « Blursday » (néologisme formé à partir de blurred, « flou », « brouillé », pour décrire le ressenti du confinement en 2020), Ornaghi & Prestinari, duo italien d’architecte et de designer, transpose dans ses oeuvres ce désarroi face au temps suspendu, désarmant d’incertitude, dans des équilibres paradoxaux, des géométries troublantes qui sortent des cadres, voire semblent se poursuivre sur les murs, des contrastes de matériaux qui brouillent la perception. À l’étage, confrontant réel et imaginaire, Carlos Garaicoa livre un regard inspiré, voire obsessionnel, sur l’architecture, la géométrie et les sciences : si ses peintures en relief interpellent par la forme de grammaire qu’elles inventent, l’installation centrale, « Toute utopie passe par le ventre II », dans un jeu de bocaux contenant des microarchitectures, des matériaux, des végétaux, interroge le concept de ville et confronte les visions utopiques aux crises. Au sous-sol, « Silent Threads. Resounding Kosova » dévoile quinze jeunes artistes kosovars. Si dans la sélection des oeuvres transparaît l’héritage de la guerre, il y a une énergie certaine qui anime cette génération, et ce n’est pas celle du désespoir.

