Changement d’esthétique total pour cet appartement parisien de 160 mètres carrés qui, complètement cloisonné à l’origine, passe en mode ouvert sur la partie jour. « Parmi les scénarios d’aménagement proposés, les clients ont opté pour une répartition jour-nuit assez classique dont nous avons souhaité tirer le meilleur parti esthétique en maximisant l’aspect traversant de l’espace de vie jusqu’à sa verrière d’origine rénovée, tout en lui apportant des qualités singulières », explique Bérénice Curt. Sa démolition intérieure a été totale pour procéder à une grosse intervention d’assainissement de la structure fragilisée, ses plafonds moulurés d’une hauteur de 3,70 mètres et ses sols s’affaissant. L’occasion de la déshabiller, de la remodeler, d’apporter les renforcements nécessaires et de procéder au nouveau cloisonnement de la surface d’habitation, dont l’ouverture s’instruit avec les pans de bois existants. Le claustra boisé qui en résulte a été redessiné et épuré afin d’optimiser son rythme vertical dans la transparence. Cette délimitation mixe ainsi structure métal et bois sans ambiguïté entre l’ancien et le moderne pour insuffler l’expression de la renaissance de ce lieu du XVe siècle. L’espace ainsi ouvert s’homogénéise dans une esthétique d’atelier orchestrée avec un minimum de matériaux et insufflée par la verrière en acier noir dont les touches ponctuent l’ensemble. Inhérente à la structure de façade du bâtiment, la verrière a été entièrement déposée, reposée à l’identique moyennant son isolation, mais remontée pour englober dans son inclinaison l’imposte vitrée des fenêtres, qui, pour leur part, ont été remplacées par d’élégants ouvrants à la française en double vitrage. Un autre rapport au ciel et à la lumière doublé d’un gain de superficie s’instaure ainsi dans la performance thermique et énergétique avec de nouveaux apports solaires et une isolation adéquate des menuiseries.
De l’art de la division des espaces
Les « qualités singulières », quant à elles, résultent du traitement ouvert de l’espace de vie. « L’important est de travailler les perspectives pour cadrer les vues entre les différentes zones de façon à générer divers angles de vue et de les travailler en les délimitant physiquement », précise l’architecte. Fort de l’isolation intérieure réalisée en Placo, son volume a été remanié en micro-espaces qui, chacun, peaufinent leur cloisonnement dans l’ouverture : le claustra bois entre le salon et la salle à manger, le socle de la cuisine, laquelle, traitée comme une boîte, se positionne en îlot surélevé, la matérialisation de la verrière en jardin d’hiver qui assure le passage d’une pièce à l’autre. Dans cette vision traversante, l’agencement exclut les meubles hauts, car trop lourds et connotés, au profit de rangements bas parfaitement intégrés qui opèrent eux-mêmes les séparations entre les différentes pièces. Un zoning qui reprend les codes radicaux de la matérialité bois-acier-travertin-laque noire-enduit à la chaux avec un mobilier spécialement créé afin d’assurer la parfaite harmonie de cet appartement.

