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Dans le quartier de Brunswick, au nord du centre-ville de Melbourne, la hausse des prix du foncier ne semble pas vouloir s’apaiser - comme partout ailleurs -, privant les portefeuilles les moins dodus l’accès aux équipements, commerces et services de la première ceinture. Mais cet âpre constat est aussi l’occasion de repenser notre manière d’habiter, et pourquoi pas de se réunir entre futurs propriétaires pour acheter un terrain en commun et y réaliser, dans une même opération immobilière, plusieurs habitations groupées, permettant ainsi de multiples économies : frais de conception, quantité et transport des matériaux, énergies et temps sur le chantier, entretien des espaces extérieurs... Tel est le défi que se lancent les associés de l’agence d’architecture locale Archier, à la fois maîtres d’œuvre et propriétaires aux côtés de plusieurs membres du collectif pluridisciplinaire spécialisé en promotion immobilière HIP V. HYPE. Cette seconde entreprise leur offre, à travers un modèle de développement collaboratif, la structure juridique nécessaire pour mettre en commun leurs ressources financières. À mi-chemin entre une ancienne zone industrielle et un quartier résidentiel, les trois couples de professionnels du bâtiment acquièrent une parcelle occupée par une habitation datant de la seconde moitié du XXe siècle. Les différentes équipes conçoivent main dans la main trois maisons en rangée et au profil en dents de scie, imitant la volumétrie des anciens entrepôts des environs. Si chaque famille préserve son intimité grâce à la réalisation de logements distincts, la création d’un espace extérieur partagé et privé fait la part belle aux interactions communautaires entre les habitants.

Ici, les moments de partage se déroulent en extérieur. Le chemin piétonnier planté est aménagé d’un muret bas et d’un banc qui s’aligne avec les allèges des fenêtres sur rue, afin de multiplier les assises.


La construction de ces maisons passives repose sur un système structurel en panneaux de bois préfabriqués et isolants (SIPS) qui assure une ahute performance thermique et des économies certaines sur les factures énergétiques.

Les briques recyclées mises en œuvre en façade comme la pierre grise sur le seuil d’entrée sont autant de détails qui rappellent le passé industriel du site. « Nous tenions à ce que les maisons semblent, aux yeux des passants, avoir été construites il y a des décennies et non quelques mois », explique l’architecte Chris Gilbert, directeur d’Archier.


En déterminant un projet d’ensemble dont les principes constructifs et les matériaux se répètent dans chaque habitation, les maîtres d’œuvre diminuent le coût global de la réalisation. Les finitions intérieures et les équipements ont cependant été choisis par chaque propriétaire, donnant lieu à trois maisons aussi différentes que les familles qui les habitent.

Dans le séjour, une falle de béton ciré intègre un plancher chauffant hydronique qui diffuse une température hompgène sur l’ensemble du rez-de-chaussée. Ce sol minéral met en valeur les menuiseries bois des baies vitrées. Coulissantes ou battantes, elles ouvrent généreusement les logements sur le jardin partagé.

Relativement sobre dans son aménagement, la cuisine est revêtue d’un placage en bois dur local. Comme le reste de la maison, elle est entièrement alimentée par l’électricité provenant des panneaux solaires installés en toiture. Le promoteur HIP V. HYPE, spécialisé en développement durable, prévoit une technologie de batterie haute performance afin de stocker et d’utiliser efficacement cette énergie renouvelable.



Conçu selon un plan de 140 mètres carrés répartis sur deux niveaux, chaque logement bénéficie d’une surface au sol limitée de sorte à conserver un espace extérieur et à minimiser les coûts de construction. À l’étage, la gestion des espaces est nettement optimisée par l’organisation des trois chambres autour d’un bloc compact composé d’un escalier et de deux salles de bains.


Malgré leur position centrale qui les tient à distance des façades, les pièces d’eau ne sont pas dépourvues de jour. Des ouvertures sont installées en toiture, laissant ainsi pénétrer la lumière naturelle. Pour jouer sur les contrastes, les murs et le sol revêtus de carreaux de céramique blancs sont agrémentés de niches colorées et d’un mobilier en bois dur local.

L’orientation nord-sud de la construction prévoir une ventilation naturelle, essentielle en été, et la captation d’importants apports solaires pour l’hiver. Dans chaque chambre, les architectes associent différents dispositifs afin de maîtriser les températures estivales : des fenêtres oscillo-battantes pour assurer un flux d’air traversant, des stores extérieurs automatisés et des ventilateurs au plafond.
Crédit photo : Tess Kelly

