Ce volume monumental devient le cœur du projet de transformation imaginé par les architectes Fabrice Ausset et Michael Malapert, mandatés par Elegancia. « Chaque espace devait raconter une histoire, sans renier la part d’ombre qui habite ces murs », résument les concepteurs de l’hôtel du Boudoir des Muses, avec pour défi la préservation du cachet patrimonial tout en injectant une identité assumée, entre sacré et profane. Dès le lobby, les codes sont posés : marbre sombre, grille de confessionnal, tapis serpent qui conduit vers un desk monumental. Dans son prolongement, l’atrium s’organise comme une scène circulaire bordée de coursives en colimaçon et de loges réinterprétées en salons. Le choix d’un parquet noir graphique renforce l’effet d’hôtel particulier, tandis que des inscriptions latines discrètes rappellent la filiation religieuse des lieux. Le bar, tout en rondeurs de bois verni et surplombé d’un lustre à franges, déploie la même esthétique théâtrale, accentuée par un jeu de marbres polychromes au sol. Le contraste se joue dans les vingt-huit chambres sur cinq étages qui adoptent une sobriété plus monacale : teintes claires, rideaux crème, assises en laine bouclée. Certaines conservent des colonnades en bois originelles, d’autres s’ouvrent sur les toits du quartier. L’expérience s’achève au sous-sol, dans les salons de bains, où piscine taillée dans la pierre, hammam, jacuzzi émeraude et zelliges dorés composent une séquence sensorielle unique. Entre mémoire sacrée, imaginaire de cabaret et hédonisme urbain, cette requalification exemplaire joue ainsi astucieusement des époques. Un hôtel hors norme, hors du temps, pensé comme un décor vivant, où partout en portrait, comme de vénérables gardiennes du temple, les muses veillent au confort et au sommeil des heureux fidèles.

