Sous ce titre onirique sont en effet rassemblées près de cent œuvres, qui toutes s'inspirent de la forêt. De la Feuille se reposant de Jean Arp à la Forêt noire d'Eva Jospin, la déambulation y est belle, souvent étrange, parfois à en faire sursauter le promeneur. Lorsque celui-ci s'arrête pour contempler la chauve-souris aux ailes déployées de Germaine Richier, se déclenche un coassement ; dissimulés dans les coins et recoins de l'espace, les petits « animaux sonores » du compositeur Jean-Luc Hervé s'affolent lorsqu'il y a foule pour mieux faire entendre leur chant une fois le calme revenu. À la fin de la visite, c'est au cœur de l'atelier de l'artiste que les sonorités sylvestres se déploient à leur aise - serait-ce un burin, ou alors un pic épeiche, sur une branche ?
Dehors, dans le jardin, une sculpture lève ses bras musculeux au milieu des troncs. Un rêve, vous a-t-on dit…

