© © Kengo Kuma & Associates / Luxigon
Depuis l’ouverture de l’hôtel Meurice en 1818, l’évolution de cet habitat temporaire et des services associés offre, plus que tout autre programme, un stimulant portrait de la ville par anticipation : techniques constructives d’avant garde, transformation de l’usage des immeubles et attentes de la société. Premières salles de bains, ascenseurs, climatiseurs, programmes mixtes, préfabrication, informatique… l’hôtel est depuis deux siècles le laboratoire de la construction et l’accélérateur de nouvelles pratiques. Multiple dans sa forme et divers dans les services associés, ce programme se glisse dans tous les types de bâtiments, investissant parkings, tours, centraux téléphoniques, anciennes postes, hôtels particuliers et même les bureaux ces dernières années.
À la veille du rendez-vous olympique de 2024, le Grand Paris réinvente son architecture hôtelière.
Chambre familiale, lit-capsule, dortoir, suite XXL, toiture habitée, cour végétalisée, lobby multifonctions, plus de 150 projets répondant à tous les goûts et tous les budgets, sont en cours d’étude ou de construction. La région parisienne compte aujourd’hui 2 450 hôtels totalisant plus de 150 000 chambres. En 2018, ces établissements ont assuré 52 millions de nuitées, affichant une fréquentation en hausse constante malgré l’apparition de nouveaux acteurs et notamment les plateformes de location d’hébergement de particulier.
En parallèle de ces analyses historiques, économiques et techniques menées sous la direction de Catherine Sabbah et Olivier Namias, accompagnées des ingénieurs de S2T et des architectes de On Cities, quatre équipes pluridisciplinaires interrogent le devenir des espaces hôteliers sous le prisme des enjeux climatiques. Au travers de prototypes à échelle 1, chacun explore des perspectives innovantes.
Jean-Benoît Vétillard réinterprète l’enseigne hôtelière et le lobby avec une marquise réalisée en fibre végétale et alimentée par l’alternateur d’une porte tambour. Lina Ghotmeh questionne le potentiel des nouveaux usages de la chambre adaptable en bureau, salle de fitness, espaces de travail, studio d’enregistrement en libérant dans un « App Wall » l’ensemble des fonctions de couchage et d’hygiène. Associé à l’agence Vorbot, Nicolas Dorval-Bory propose de décarboner le couloir, véritable colonne vertébrale de l’immeuble accueillant l’ensemble des gaines et réseaux, alors que les architectes constructeurs de l’agence Ciguë mettent en œuvre une salle de bains vertueuse en matériaux de réemploi qui permet de consommer moins d’eau, rappelant que chaque client utilise en moyenne 300 litres d’eau par nuitée à l’hôtel.
Avec cette première manifestation dédiée à l’hôtel métropolitain le Pavillon de l’Arsenal cherche à définir cette architecture familière mais méconnue pour mieux partager son devenir.
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AUTOUR DE L’EXPOSITION
Pendant 3 mois, « Hôtel Métropole », manifestation plurielle, diverse et destinée à tous les publics, propose, autour de l’exposition et de l’ouvrage qui l’accompagne, de nombreux évènements et rencontres pour partager ces architectures. Conférences et nocturnes, ateliers pédagogiques et visites guidées, Tea Time au coeur des expositions... le programme « À la carte ! » conçu par le Pavillon de l’Arsenal permet à chacun de découvrir l’histoire, l’actualité et le devenir de cet habitat temporaire.

