© © Jérémie Souteyrat
Espaces magnifiés dans des surfaces minuscules, dialogue étroit avec le paysage environnant, originalité des formes et des solutions constructives, perméabilité des espaces intérieurs et extérieurs, variété des matériaux, etc. Voici quelques-unes des caractéristiques de l’espace domestique japonais qui ressortent des photographies, plans, dessins, entretiens et films présentés dans cette exposition itinérante. « Les architectes japonais manient des concepts qui mettent en avant une spécificité locale que le langage ne saurait bien décrire et l’auditeur étranger bien appréhender. On se retrouve alors face à des idées mal explicitées au lieu d’apprécier des lieux de vie », explique Manuel Tardits, architecte travaillant à Tokyo et l’un des quatre commissaires de l’événement. Face à ce constat, ces derniers se sont efforcés de replacer les œuvres dans une perspective historique et culturelle, et de les montrer avant tout comme des maisons pratiques et agréables. Trois parties rythment donc l’exposition. Maisons d’hier célèbre des réalisations s’échelonnant de 1933 à 1984 : quatorze exemples, soigneusement choisis pour l’organisation de leur espace intérieur ou leur rapport au contexte, sont présentés à l’aide de photos et de documents graphiques. On y retrouve notamment les réalisations de Tadao Ando et Toyo Ito. Maisons de Tokyo est un mur d’images signées du photographe français vivant à Tokyo Jérémie Souteyrat. Chacune représente une habitation exhibant forme et enveloppe étonnantes dans le tissu urbain dense de la capitale. Certaines dessinées par Kengo Kuma, Sou Fujimoto et Sejima Kazuyo (agence SANAA) font notamment partie de la sélection qui fait l'objet d'un ouvrage, Tokyo no ie, publié aux éditions le Lézard Noir. Enfin, Maisons d’aujourd’hui se penche plus particulièrement sur vingt réalisations dont on découvre les intérieurs et leurs habitants, et la façon dont l’architecture, tout aussi contemporaine soit-elle, se calque sur un schéma de vie traditionnel, où les espaces ne sont pas clos, où les interstices ont autant d’importance que les zones fonctionnelles, où l’usage des pièces est modifié selon l’heure de la journée et où la nature est omniprésente. Des entretiens avec les résidents contribuent à familiariser le public avec les spécificités des modes de vie japonais. « Le choix des maisons se veut le plus varié et inédit possible, recouvrant l’ensemble de l’archipel – donc des contextes géographiques divers –, tout en respectant la taille et le budget de personnes ordinaires », précise Manuel Tardits. Une chose est sûre : l’exposition ne répond peut être pas à toutes nos questions, mais elle provoque une multitude d’idées et de désirs pour notre propre habitation.

