vous passez par la rue de Miromesnil, dans le 8e arrondissement de Paris, et que vous êtes amateur de design, il y a fort à parier que vous vous arrêterez devant les vitrines du numéro 53, qui abrite la marque italienne de mobilier Arflex, créée en 1947 par Carlo Barassi, ingénieur chez Pirelli, son collègue Renato Teani, ainsi qu’Aldo Bai et Pio Reggiani. Peut-être serez-vous impressionné par l’immense lustre signé Barovier&Toso, constitué de plus de 650 pièces de verre de Murano, qui trône fièrement depuis peu dans l’entrée du showroom. C’est à Nadine et Bernard Tordjman que l’on doit la prouesse d’admirer à Paris cette pièce d’exception. Les dirigeants de Siltec, enseigne parisienne spécialisée dans l’aménagement des espaces de travail, du résidentiel et de l’hôtellerie, située pour sa part au numéro 51, ont su convaincre l’entreprise italienne d’exposer ce fleuron du savoir-faire vénitien. Et ce n’est pas là leur premier fait d’arme. Ce sont également eux qui ont obtenu il y a dix ans maintenant, l’exclusivité de la diffusion d’Arflex en France. Un coup de chance ? Plutôt un coup de cœur, qui en une décennie, ne s’est jamais démenti. « Le mobilier est une histoire d’amour. Il demande de s’y intéresser de près, d’en connaître les racines pour bien faire les choses, affirme Nadine Tordjman. C’est le cas avec Arflex. J’ai eu la chance de rencontrer la marque dès les années 1970, par ma belle-soeur qui était férue de design et qui m’a permis de découvrir des pièces comme le canapé Strips de Cini Boeri, le fauteuil Lady de Marco Zanuso ou encore le canapé Marenco de Mario Marenco. Je me suis passionnée pour la marque, j’ai rencontré Fausto Colombo (NDLR : le fils de Pierantonio Colombo, l’ancien dirigeant qui a repris Arflex en 1994 avec sa société Seven Salotti) pour lui dire que je voulais la vendre en France. Cela a pris de l’ampleur, à telle point que lorsque nous avons pu reprendre l’espace situé à côté de notre showroom Siltec, j’ai réussi à convaincre la famille Colombo d’ouvrir le showroom Arflex ».
Humanité et humilité
L’histoire qui lie Siltec à Arflex n’est pas que commerciale. Il s’agit avant tout d’un état d’esprit qui rassemble les Colombo et les Tordjman. « Nous partageons des valeurs communes, comme le fait d’être restés des entreprises familiales, de garder et de revendiquer cette âme d’artisans, de ne pas vendre n’importe quoi à n’importe qui », poursuit Nadine Tordjman. Les deux entreprises se retrouvent sur des valeurs d’humanité et d’humilité, cultivent un amour pour les racines du design. Dans son catalogue, Arflex possède quelques pépites signées de grands noms : le fauteuil Botolo de Cini Boeri, les chaises Elettra de B.B.P.R., le canapé 9000 de Tito Agnoli. Plus récemment, la marque a intégré les créations de Luca Nichetto, Neri&Hu, Jaime Hayon… Parmi les nouveautés présentées cette année à Milan et que l’on retrouve dans le showroom parisien, se trouvent la réédition du canapé et du fauteuil Marius&Marius de Mario Marenco, la chaise et le fauteuil de Claesson Koivisto Rune, la table basse Marea de Bernhardt & Vella… Arflex n’en a pas fini d’explorer les talents du design, et Paris d’en refléter le talent.

