Né en 1949 près de Pékin dans une famille de lettrés, Wang Keping a connu les bouleversements de la révolution culturelle. Ouvrier, soldat, comédien, écrivain, il devient sculpteur comme il aime à le raconter, après avoir vu des oeuvres de Rodin. Autodidacte, et sans formation académique, il dit avoir inventé sa technique si particulière. Profondément chinois d’influence et de culture, il ne pratique pourtant pas ce qu’il appelle un « art chinois». En 1979, il participe en Chine à la création du groupe d’artistes dissidents des « Etoiles » et affronte alors la censure politique et les privations de liberté, avant de s’exiler en France en 1984. Le bois, matériau privilégié de l’artiste, est au coeur de son oeuvre. Wang Keping parcourt les paysages et les scieries à la recherche de troncs d’essences différentes. Une fois écorcé, le bloc suggère les formes que prendra la sculpture. A l’aide de sa tronçonneuse puis d’outils de plus en plus fins, l’artiste fait parler le bois. Il le ponce et le reponce, jusqu’à ce que la forme juste se dégage et révèle l’âme que la matière impose : des formes féminines arrondies, douces, sensuelles, lisses comme de la peau. A propos des femmes de Rodin, Wang Keping dit : « Des corps nus de femme sculptés
par Rodin se dégagent une lumière brillante d’amour… et en même temps, un vibrant appel à la liberté. […] La célébration des femmes dans l'oeuvre de Rodin a laissé une empreinte profonde dans mon parcours créatif, guidant ma tête et mes mains, passant de la conception à la réalisation, de 1978 jusqu’à aujourd'hui, des images imprimées à Pékin jusqu’au musée Rodin à Paris » Quatre sculptures en cours d’achèvement seront installées dans l’atelier à ciel ouvert du jardin. Une sculpture achevée L’Amour des Forêts (chêne vert), H 172 x 150 x 122 cm sera également présentée dans le hall de l’hôtel Biron pendant tout le mois de mai. L’artiste sera présent dans son atelier à ciel ouvert, les mardis, jeudis, samedis et dimanches après-midi, sous réserve des conditions météorologiques.
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