© © C. Toraldo di Francia, Superstudio, Archivio Filottrano
C’est une véritable révolution culturelle à laquelle s’attaque ce parcours, en plus de présenter 470 œuvres, peintures et photographies, et objets d’art décoratifs, orchestré par Christine Macel, commissaire et directrice du musée d’Arts décoratifs. Autour de douze thèmes, l’exposition invite à percevoir comment la notion même d’intimité a évolué depuis le XVIIIe siècle. Elle évoque bien évidemment des lieux, à l’image de la chambre à coucher (une expression qui date seulement de cette époque), des cabinets de toilette, ou de « commodités », selon l’expression consacrée, et il est notamment intéressant de constater, comme le dit la commissaire, combien « le design des années 1950 à aujourd’hui est révélateur d’une tension constante entre un désir d’isolement et de promiscuité ». Le parcours pousse aussi la réflexion sur la prise de conscience de soi, depuis celle de son corps – tant dans le soin que dans le plaisir et l’exacerbation des sens et des sensations – à celle de son esprit, dans une interrogation sur l’intime ultime exprimée à travers l’écriture de carnets et de journaux personnels. Et qui souligne le paradoxe actuel d’une intimité exposée sur des blogs ou des réseaux sociaux, des mises en scène quotidiennes de soi entre influence et surveillance, et ses dangers inhérents.

