© © BENOIT ALAZARD
Seul petit bémol à ce tableau presque idyllique : la cuisine, tout en longueur, bien trop petite pour y manger, manquant cruellement de rangements et totalement séparée de la salle à manger par une cloison. Les nouveaux propriétaires décident donc de faire appel à l'architecte Sophie Lallias, séduits pas son univers créatif et par l'une de ses précédentes interventions chez des amis. Charge à elle de transformer cette pièce incommode en un univers lumineux, fonctionnel, largement ouvert sur l'espace de repas mais toujours en accord avec l'existant. Le menu est donc épuré mais la carte blanche !
RÉPONSE DE L'ARCHITECTE
Unique contrainte : une partie des éléments doit être implantée au même endroit que ceux d'origine afin de respecter les points d'évacuation d'eau. Si la disposition est donc évidente, le challenge réside dans l'esthétique globale, qui se doit d'être suffisamment pertinente pour que « la présence de la cuisine se fasse presque oublier » . Une fois la cloison séparative avec le salon abattue, une nouvelle structure en pin délimite le périmètre de la cuisine abritée dans une alcôve aux tons chaleureux. Ces fins panneaux de bois accrochent la lumière et multiplient les rangements jusqu'au faux plafond qui souligne discrètement le volume, tout en créant une accroche visuelle depuis l'entrée. Pour le fondre le plus harmonieusement possible dans l'ensemble, tout y est dessiné sur mesure, à l'image des placards, crédence et plan de travail en mélaminé vert pâle ou des meubles sans poignée.
DÉTAILS
Pour accentuer la continuité visuelle entre salle à manger et cuisine, le mur commun revêt un papier peint bleu marine aux lignes dorés - en écho aux chants du mobilier -, alors que cimaises, fenêtres et niche du faux plafond sont également peintes dans la même tonalité. Les aménagements en pin ont dû être dessinés par bloc afin de permettre le montage sur place, selon un calepinage très rigoureux pour aligner les lignes visibles au faux-plafond sur celles des rangements verticaux. Dernier rappel du matériau bois : un claustra mobile entre la salle à manger et le salon éclaire ce dernier en second jour tout en assurant son intimité et en offrant une assise via son large cadre.
► Article paru dans Architectures À Vivre 107 spécial Maisons particulières


