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Le petit cottage de Liz et Tim se situe dans le quartier historique de Balmain, à l'ouest de Sydney. Le couple, qui habite la maison depuis cinq ans, souhaite fonder une famille : difficile à envisager, dans cette maison mal agencée, cloisonnée et hermétique… Ils contactent les architectes Catherine Downie et Daniel North avec un cahier des charges ambitieux, qui concerne autant le remaniement de l'existant que l'adjonction de pièces supplémentaires. La contrainte première est la nécessité de composer avec les règles d'urbanisme particulièrement sévères qui concernent le terrain, inscrit en zone patrimoniale. Située à l'angle d'une rue et d'une ruelle, la maison est dotée d'attributs caractéristiques ; ainsi la façade sur rue, typique de l'architecture de Balmain, est intouchable, tandis que la hauteur du faîtage existant est choisie comme hauteur maximum de la construction neuve. C'est donc côté ruelle que les architectes prennent le parti de faire entrer davantage de lumière naturelle dans la parcelle : ils ouvrent la façade tout en la recouvrant d'un bardage à claire-voie, qui laissera filtrer la lumière en protégeant la maison des regards.
À l'intérieur du logement, les espaces manquent d'harmonie. Liz et Tim demandent aux architectes de repenser tout l'espace du rez-de-chaussée en y concevant une nouvelle cuisine et des pièces à vivre accueillantes. Ils expriment également le désir de créer un bureau indépendant et une suite parentale pour libérer les chambres du rez-de-chaussée. En effet, le rêve qui motivait leur projet est devenu réalité : le couple n'attend pas un, mais deux bébés ! Les architectes font ainsi tomber les nombreuses cloisons du rez-de-chaussée pour reconfigurer un espace plus vivant et fluide, entièrement ouvert sur sa petite terrasse. Pour ne pas modifier la surface au sol, ils font le choix d'optimiser l'espace disponible en hauteur et installent, sous la pente du toit existant, une mezzanine accessible par une échelle qui accueillera le bureau. Côté ruelle, ils dessinent un étage supplémentaire qui accueillera la chambre parentale en prolongeant la hauteur de la façade jusqu'au seuil fixé par le conseil d'urbanisme. Le choix de la parcimonie quant aux matériaux sélectionnés est fait au profit de la qualité des finitions. « Dans les petits espaces, il faut privilégier des détails éloquents », soutient Daniel North. L'escalier, coconçu par les architectes, le fabricant et le menuisier, est dessiné avec une précision d'orfèvre aux niveaux du garde-corps, du revêtement bois et de l'intégration des meubles de cuisine en sous-face.
Aujourd'hui, les jumeaux ont deux ans et la famille profite de sa maison au quotidien. « Plusieurs usages imprévus au moment de la conception ont su trouver leur place dans l'espace, et la maison s'est remarquablement adaptée à ses nouveaux occupants » , notent les architectes. Ainsi, le comptoir de la cuisine est devenu l'espace du repas, tandis que la salle à manger a laissé place à une vaste aire de jeux. Le bureau, quant à lui, est devenu indispensable pendant la période de confinement. « Agrandir sa maison n'est pas la réponse à tout ; il faut parfois simplement savoir redistribuer l'espace disponible avec intelligence », signent les architectes.

