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LILIetRAMI Architectures — Sébastien Ramirez|Grand Est


Cette maison bois-paille propose une architecture néovernaculaire, fondée sur la réinterprétation contemporaine de solutions constructives, spatiales et climatiques traditionnelles locales. Il ne s’agit pas de reproduire une architecture ancienne ni d’en reprendre les signes de manière décorative, mais de retrouver l’intelligence de dispositifs éprouvés, puis de les adapter aux modes de vie et aux exigences environnementales actuels. Le projet repose sur un système constructif principal tout bois. La structure en ossature bois est réalisée en épicéa des Vosges. Une structure extérieure indépendante, en douglas des Vosges laissé sans traitement, prolonge la maison et porte les pergolas, les protections solaires ainsi que les espaces intermédiaires entre l’intérieur et le jardin. Les façades sont revêtues de douglas flammé, dont la finition révèle la matière tout en améliorant sa durabilité. L’isolation des murs est constituée de paille provenant du champ voisin, en Meurthe-et-Moselle. Les plafonds sont isolés en ouate de cellulose. L’utilisation de matériaux biosourcés, peu transformés et issus de filières très courtes permet de réduire l’énergie grise de la construction, de stocker du carbone et d’améliorer le confort thermique et hygrométrique de la maison. La conception bioclimatique constitue le principe directeur du projet. La maison est conçue pour récupérer les apports solaires en hiver et se protéger efficacement des surchauffes en été. L’orientation des ouvertures, les débords de toiture, les toiles naturelles, les pergolas constituées de rondins d’arbres morts ainsi que les occultations programmées permettent de moduler les apports solaires selon les saisons. Cette protection est complétée par des lames d’air ventilées particulièrement généreuses : 10 cm en façade et 15 cm sous les tuiles de toiture. Elles permettent d’évacuer une part importante de la chaleur avant qu’elle ne traverse l’enveloppe isolée. Associées à la ventilation naturelle et au rafraîchissement nocturne, ces dispositions permettent de limiter la température intérieure estivale à environ 26 °C maximum, sans recours à une climatisation conventionnelle. Le caractère néovernaculaire du projet s’exprime notamment à travers la réinterprétation de la flamande, dispositif traditionnel de l’habitat lorrain utilisé pour apporter de la lumière au cœur des constructions profondes. Elle devient ici une grande cage d’escalier ajourée et éclairée zénithalement, autour de laquelle s’organise la maison. Ce volume central distribue la lumière naturelle, favorise la circulation de l’air et accompagne les mouvements de chaleur entre les différents niveaux. La sobriété énergétique ne se limite pas à l’enveloppe et au chauffage. Elle se prolonge jusque dans les usages domestiques : le lave-linge et le lave-vaisselle sont alimentés directement en eau chaude produite par la pompe à chaleur, ce qui limite le recours aux résistances électriques intégrées aux appareils et réduit leur consommation. La maison défend ainsi une architecture de la juste mesure, dans laquelle la performance ne résulte pas d’une accumulation de technologies, mais de la cohérence entre implantation, structure, matériaux, ventilation, lumière naturelle, équipements et usages. Les vues du projet mettent en évidence cette relation étroite entre les espaces intérieurs, les volumes intermédiaires, le jardin en pleine terre et le paysage arboré.
Le projet est issu d’une commande de maison individuelle portée par la volonté de réaliser un habitat écologique, confortable et durable, en rupture avec les solutions constructives standardisées. Dès l’origine, l’objectif était de concevoir une maison dans laquelle les matériaux, les assemblages et les dispositifs techniques restent compréhensibles, lisibles et cohérents avec leur fonction. La commande associait plusieurs ambitions : employer des matériaux naturels et locaux, limiter l’impact environnemental de la construction, garantir un très bon confort d’hiver comme d’été, ouvrir largement les espaces de vie sur le jardin et proposer des volumes généreux sans augmenter excessivement la surface construite. Le terrain présente une couche de terre végétale limitée, comprise entre 20 et 40 cm, reposant directement sur une roche mère calcaire. Cette situation géologique a fortement orienté la conception. Plutôt que de recourir à des fondations conventionnelles fortement consommatrices de béton, le projet repose sur des blocs de granit provenant des Vosges, adaptés à la nature du sol et à la volonté de limiter l’artificialisation du terrain. Le projet s’est également construit autour d’une recherche de proximité entre les ressources et leur lieu de mise en œuvre. L’épicéa utilisé pour l’ossature bois, le douglas de la structure extérieure et des façades ainsi que le granit des fondations proviennent des Vosges. La paille est issue du champ voisin, en Meurthe-et-Moselle, tandis que le parquet est réalisé en chêne de Moselle. Cette utilisation de matériaux régionaux ne constitue pas seulement une réponse environnementale. Elle participe directement à l’identité du projet et à son inscription dans le territoire. La maison est conçue à partir des ressources disponibles, de leurs qualités propres et des savoir-faire nécessaires à leur mise en œuvre. La commande prévoyait de grandes ouvertures et une relation très directe avec le jardin. Elle imposait donc de concilier transparence et protection, apports solaires et confort d’été, générosité des volumes et maîtrise des besoins énergétiques. Le projet devait également permettre à la chaleur produite au rez-de-chaussée de se diffuser naturellement jusqu’aux niveaux supérieurs, sans multiplier les émetteurs. Cette recherche a conduit à développer une architecture néovernaculaire. Les solutions traditionnelles locales sont analysées pour leur efficacité, puis réinterprétées selon les exigences contemporaines. La flamande devient un dispositif central de lumière, de ventilation et de distribution de la chaleur. Les débords de toiture, les tuiles de terre cuite de type canal, les protections textiles, les pergolas en bois et la ventilation généreuse sous couverture retrouvent également des principes simples de protection climatique. La commande a enfin permis d’intégrer des ouvrages artisanaux, des pièces réalisées sur mesure et plusieurs éléments de réemploi ou de détournement. La maison résulte ainsi d’un dialogue continu entre architecture, ressources territoriales, savoir-faire constructifs et usages quotidiens.
La première contrainte concernait la nature du terrain. La couche de terre végétale, limitée à 20 à 40 cm, repose rapidement sur une roche mère calcaire. Cette configuration réduisait les possibilités de terrassement et nécessitait une solution de fondation adaptée, assurant la stabilité de la construction tout en limitant l’impact sur le sol. La seconde contrainte majeure concernait le confort d’été. La maison comporte de grandes ouvertures sur le paysage, dont une baie coulissante à galandage de 3 x 2,5 m, installée en applique intérieure. Les autres baies utilisent des menuiseries métalliques Jansen ARTE 2.0 à rupture de pont thermique, dont les montants particulièrement fins, de l’ordre de 2 cm, réduisent visuellement la limite entre l’intérieur et l’extérieur. Ces choix architecturaux apportent lumière naturelle, vues et apports solaires en hiver, mais augmentent potentiellement les risques de surchauffe estivale. Il était donc nécessaire de concevoir simultanément les surfaces vitrées, leur orientation, les protections solaires, les occultations et la ventilation naturelle. La construction en ossature bois isolée en paille imposait par ailleurs une grande précision dans la conception de l’enveloppe. La continuité de l’isolation, la gestion de la vapeur d’eau, la protection de la paille, l’étanchéité à l’air et le traitement des interfaces entre murs, planchers, menuiseries et toiture constituaient des points essentiels. L’étanchéité à l’air est assurée de manière poussée par les panneaux OSB. Leurs raccords, jonctions et traversées techniques ont dû être précisément anticipés afin de garantir la continuité de l’enveloppe et d’éviter les infiltrations d’air parasites. Le choix de ne pas employer de plâtre et de limiter les finitions rapportées constituait une autre contrainte. Les parements devaient être conçus dès l’origine comme des éléments définitifs, assurant à la fois leur fonction de protection et leur rôle architectural. Cette décision demandait une qualité d’exécution élevée et une coordination précise entre les différents corps d’état. Le projet devait également assurer la diffusion de la chaleur dans une maison organisée sur plusieurs niveaux. Le plancher chauffant étant situé uniquement au rez-de-chaussée, l’organisation des volumes intérieurs devait faciliter la circulation naturelle de la chaleur jusqu’au dernier étage. Le confort acoustique des planchers bois nécessitait lui aussi une réponse spécifique. Des isolants en liège et en fibre de jute ont été intégrés sous les parquets afin de limiter les bruits d’impact et la transmission sonore entre les niveaux. Enfin, l’intégration d’éléments de réemploi, d’ouvrages artisanaux et de pièces réalisées sur mesure imposait une conception détaillée. Les portes, la vasque de la salle de bains, certaines quincailleries de cuisine, la robinetterie et plusieurs équipements ne relevaient pas de solutions standardisées. Leur intégration devait être anticipée dès la conception.
Implantation et structure La maison s’adapte à la faible épaisseur de terre végétale et à la présence immédiate de la roche calcaire grâce à des fondations en blocs de granit des Vosges, limitant les terrassements et le recours au béton. La structure principale est réalisée en ossature bois d’épicéa des Vosges. Une structure extérieure indépendante en douglas vosgien, laissée sans traitement, porte les pergolas, les protections solaires et les espaces intermédiaires entre la maison et le jardin. Les façades sont revêtues de douglas flammé. Enveloppe biosourcée Les murs sont isolés avec de la paille provenant du champ voisin, en Meurthe-et-Moselle, et les plafonds avec de la ouate de cellulose. Les panneaux OSB assurent la rigidité de la structure et une étanchéité à l’air poussée. Sous les parquets en chêne de Moselle, le confort acoustique est renforcé par du liège et de la fibre de jute. Confort d’été et protections solaires Le confort d’été repose sur des dispositifs passifs : orientation des baies, débords de toiture, toiles naturelles, pergolas en rondins d’arbres morts et occultations programmées. Une lame d’air ventilée de 10 cm derrière les façades et de 15 cm sous les tuiles de terre cuite type canal évacue une part importante de la chaleur avant qu’elle n’atteigne l’isolant. Des fenêtres de toiture commandées assurent la ventilation naturelle et le rafraîchissement nocturne. Leur ouverture programmée évacue l’air chaud accumulé en partie haute et fait entrer l’air plus frais. L’ensemble permet de limiter la température intérieure à environ 26 °C en été, sans climatisation. Réinterprétation de la flamande La cage d’escalier réinterprète la flamande traditionnelle lorraine. Ce grand vide vertical, éclairé zénithalement, distribue la lumière au cœur de la maison, facilite la circulation de l’air et participe au fonctionnement thermique. L’escalier métallique ajouré, soudé sur place sans pièces de jonction apparentes, ne fait pas obstacle aux mouvements d’air. En hiver, la chaleur du plancher chauffant situé au rez-de-chaussée se diffuse naturellement jusqu’au dernier niveau. En été, l’effet de cheminée favorise l’évacuation de l’air chaud par les fenêtres de toiture. Cette solution illustre la démarche néovernaculaire du projet : reprendre l’intelligence d’un dispositif local sans en reproduire formellement l’image. Chauffage et maîtrise des consommations Le chauffage et l’eau chaude sanitaire sont produits par une pompe à chaleur alimentant le plancher chauffant du rez-de-chaussée. Un poêle à bois étanche apporte un complément ponctuel pendant les périodes les plus froides. Le lave-linge et le lave-vaisselle sont directement alimentés en eau chaude produite par la pompe à chaleur. Cette disposition limite le recours aux résistances électriques intégrées aux appareils et réduit leur consommation. Matériaux intérieurs et qualité d’usage Aucun plâtre n’est utilisé. Les murs et plafonds sont habillés de peuplier. La cuisine reçoit une finition en argile ocre rouge et les peintures sont à l’argile. Le rez-de-chaussée est revêtu de travertin, dont l’inertie accompagne le plancher chauffant. Les pièces techniques reçoivent un linoléum naturel, au sol et ponctuellement sur les murs. Un jardin intérieur en pleine terre introduit le sol vivant et le végétal au cœur de la maison. La grande baie à galandage de 3 × 2,5 m, posée en applique intérieure, ouvre largement le séjour sur le jardin. Les menuiseries métalliques ARTE 2.0 à rupture de pont thermique, avec des montants d’environ 2 cm, réduisent au minimum la présence visuelle des cadres. Une atmosphère chaleureuse et habitée Le bois apparent, le peuplier clair, le parquet en chêne de Moselle, l’argile ocre rouge, le travertin et les éléments en cuivre composent une palette naturelle, tactile et lumineuse. Les variations de teintes et de textures, les ouvrages artisanaux, la lumière zénithale et les vues sur le jardin donnent à la maison une atmosphère accueillante, loin d’une expression technique ou démonstrative. Réemploi, artisanat et gestion de l’eau Le projet intègre plusieurs éléments de réemploi ou de fabrication artisanale : vasque de salle de bains, portes, quincailleries de cuisine, robinetterie et sèche-serviettes réalisés en tubes de cuivre et vannes de jardin. La salle de bains comprend une douche de 120 × 360 cm. La récupération des eaux de pluie complète la stratégie environnementale. La maison démontre ainsi qu’une architecture contemporaine peut retrouver l’intelligence des constructions locales sans les imiter. Sa performance résulte de la cohérence entre matériaux régionaux, enveloppe biosourcée, protections solaires, ventilation naturelle, sobriété technique et qualité d’usage.
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